LES RETRAITES, UN CHOIX DE SOCIETE

Article de Bernard Devy, Secrétaire confédéral

 



Les deux mois supplémentaires «accordés» par le président de la République à l’occasion du sommet social pour aborder le dossier retraite ne doivent pas faire illusion.

Le matraquage médiatique, auquel nous assistons depuis le début de l’année 2010, démontre que la bataille sera rude. Sondage à l’appui, les arguments du gouvernement reposent principalement sur le rapport démographique et l’espérance de vie. En réalité, il s’agit de respecter certaines contraintes essentielles que se sont imposées le président de la République et le gouvernement pour le retour aux exigences budgétaires et donner des signes forts aux marchés financiers en affichant un objectif de 3% des déficits publics en 2013. Peu importe le million de chômeurs en fin de droits, le faible taux d’emploi des seniors, 2010 sera l’année de la réforme des retraites, exit de ce fait la réforme systémique, trop tôt, trop tard.

La voie empruntée nous la connaissons avant même que ne débute ce que nous appellerons «la concertation»: remise en cause du droit à la retraite à 60 ans, augmentation de la durée de cotisation accompagnée de la poursuite de la baisse du niveau des pensions, ce qui vient contredire les affirmations selon lesquelles on ne touchera pas aux rendements actuels.

En dehors du débat sur les déficits, il faut souligner que tout est mis en œuvre pour stigmatiser un système qui développerait, selon certains, ses propres inégalités: entre les générations, entre le public et le privé, entre les carrières longues et les carrières courtes, entre les hauts revenus et les petits salaires, entre les hommes et les femmes, jusqu’à affirmer que les petits paieraient pour les plus gros, sans parler des différences en matière d’espérance de vie.

Que cherche-t-on en réalité? À jeter le discrédit sur un système de retraite solidaire et collectif pour prôner l’individualisation en oubliant le caractère redistributif de nos régimes. En affirmant des contre-vérités l’on accrédite le fait que nos régimes doivent emprunter la voie de la neutralité financière et devenir plus individuels et moins solidaires. La question du financement demeure incontournable, à nous de le démontrer.


FO Hebdo n°2931

 

Jean-Claude Mailly s'exprime sur le dossier des retraites

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