La Tribune FO Santé n°68



 

PRESSE SYNDICALE

FEMME & MILITANTE: SANDRINE ROUSSEL-DRUART: «MILITER M’EST AUSSI INDISPENSABLE QUE DE RESPIRER!»

 

J’ai réalisé combien le monde du travail était injuste en 1989, quand j’ai commencé à travailler comme comptable dans une P.M.E. Très rapidement j’ai revendiqué un peu plus d’égalité (il n’y avait pas de syndicat) et en même temps j’ai recherché un autre boulot. Et en 1991, j’entre au Centre Hospitalier de la Haute-Marne (établissement psychiatrique) comme agent administratif, affectée à la D.R.H.

 

Là, je découvre que l’injustice existe aussi dans la F.P.H. et je ne peut m’empêcher d’exprimer mes opinions pour défendre mes intérêts ou ceux de collègues proches. Une collègue m’ayant fait comprendre que toute vérité n’est pas bonne à dire “en direct”, en 1993 je me syndique à FO, majoritaire chez les administratifs.

Tout de suite je suis élue membre du bureau, puis, aux élections sui- vantes, membre du C.T.E. et des C.A.P.L. En même temps, je bénéficie de deux préparations aux concours : ADC et secrétaire médical. Nommée secrétaire médicale au Centre Hospitalier de Chaumont en 1997, je reviens au Centre Hospitalier de la Haute-Marne par mutation un an plus tard et réintègre mes fonctions au bureau syndical. Elue secrétaire du syndicat FO du C.H.H.M. et membre bureau régional santé en 1999, je deviens secrétaire du Groupement départemental santé en 2004. Trois ans après, Brigitte BALLAY, qui était ma secrétaire ad- jointe, me succède au poste de secrétaire FO du C.H.H.M.

Avec Nathalie CORTINOVIS (secrétaire du syndicat FO de Joinville et Pascal MONGIN (secrétaire du syndicat FO du C.H.G. de Chaumont) qui sont mes secrétaires adjoints, nous organisons des réunions d’information dans tous les établissements du département. Nathalie, qui est aide-soignante, m’accompagne dans tous mes déplacements et elle est un formidable atout pour notre équipe, parce qu’elle, continuant d’exercer son métier de soignante, les agents se sentent compris dans leurs difficultés.

Nous avons ainsi créé plusieurs syndicats et relancé une dynamique dans certains. Actuellement nous avons 12 syndicats FO sur 16 structures relevant de la F.P.H. et de nombreux syndiqués isolés dans une treizième.

Chaque secrétaire de syndicat a bénéficié d’une formation syndicale solide, car même si le travail de terrain est indispensable, la connaissance du statut reste primordiale dans la défense des intérêts des agents. A chaque réunion de groupement départemental (G.D.) et à chaque réunion dans les différentes structures, je m’emploie à entretenir et développer cette formation. Je diffuse également très largement l’ensemble des informations qui sont en ma possession : je reste une vraie administrative!

Aux élections de 2007, FO est devenu majoritaire aux C.A.P.D. avec 35 % des suffrages exprimés. Ce résultat, nous le devons uniquement au travail et au militantisme des secrétaires de syndicats et leurs équipes.

Je n’ai pas voulu être permanente syndicale car je souhaite garder des relations professionnelles avec mes collègues et les équipes dans les services où j’interviens, puisque je n’ai plus de poste fixe. Cependant je conserve de nombreux mandats local et départemental : C.A.P.- C.T.E.- U.D.[1]- C.P.A.M.[2]- U.G.E.C.A.M.[3]

Militer m’est devenu aussi indispensable que de respirer ! Avant d’être engagée comme je le suis, il fallait toujours que j’essaie d’aider une amie, une collègue, une simple connaissance à résoudre ses problèmes ou tout simplement lui donner une information sur ses droits. Aujourd’hui que c’est mon « job » je ne vais pas m’en plaindre. D’autant qu’être mi- litant et siéger ainsi dans des instances si variées, c’est très enrichissant d’un point de vue humain et intellectuel. J’apprécie vraiment de travailler avec mes secrétaires de syndicat et leur bureau. Nous formons une belle équipe soudée.

Mon souhait : que l’on continue à progresser encore et encore.

Mon regret perpétuel : travailler toujours dans l’urgence avec un sentiment que le travail rendu aurait pu être de meilleure qualité, si l’on avait plus de temps.

 

Télécharger La Tribune FO Santé n°68

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×