Force Com n°58

PRESSE SYNDICALE

INTERVIEW DE JEAN-JACQUES GUICHOU, DÉLÉGUÉ SYNDICAL CENTRAL FO COM

Jean-Jacques Guichou, délégué syndical central FO COM à France Télécom Orange, nous donne son sentiment sur la politique amorcée par le nouvel état-major du groupe.







L’équipe dirigeante de France Télécom Orange a changé. Qu’en est-il pour le management?


La diffusion du «nouveau contrat social» a été l’occasion d’organiser des réunions dites «Orange campus » à l’attention des cadres dirigeants. Il s’agissait de leur expliquer le changement de management et de connaître leur ressenti. La réaction de beaucoup d’entre eux a été sans appel : c’est tout ? Autrement dit, c’est peu ! Si l’idée générale contenue dans ce document leur semble bonne et généreuse, les cadres ont aussi posé les bonnes questions. Quels moyens sont mis à disposition pour pouvoir améliorer la situation, quels budgets, quels responsables désignés ? Et là, ils sont restés sur leur faim. Les cadres sont donc perplexes et très réservés. Face au manque de moyens, il ne s’agit ni plus ni moins que «de la gonflette»!

Et comment réagit l’ensemble du personnel?

Les salariés sont toujours aussi désorientés. Les accords signés par certaines organisations syndicales dans le cadre des négociations sur le stress sont un échec. Il n’y a pas même pas eu unanimité parmi les syndicats signataires. Tantôt c’est l’un qui signe, tantôt c’est l’autre.

Où est la cohérence ?

Il n’y aucun résultat tangible sur le terrain. Certes, on a développé l’écoute, rafraîchi quelques locaux, et saupoudré le tout d’un peu de convivialité. Il y a eu une légère pause dans la frénésie de faire du chiffre. Mais chassez le naturel… Il revient au galop! Les objectifs sont revenus, et ont même été revus à la hausse! Les restructurations, pudiquement baptisées «transformations», sont toujours au programme avec leurs conséquences largement prévisibles dans un avenir à plus ou moins long terme : fermeture de sites et suppressions de poste. En fait, le système est toujours en place et conduit aux mêmes dérives.

Pour FO, la problématique reste donc la même…

Naturellement. Et plus que jamais ! Nous ne sommes pas dupes de la technique d’enfumage et d’emballage du social, sans résultats concrets. Nous demandons simplement à la DRH du groupe de jouer le jeu. Après le fiasco des accords « stress », il est primordial que la négociation sur la GPEC aboutisse. La DRH doit être capable de nous fournir des chiffres et des données élémentaires sur les métiers, les effectifs, les scénarios d’évolution, de croissance ou de décroissance. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Les salariés ont le droit de disposer d’un minimum sur la stratégie de l’entreprise, et sur les glissements d’activité qui en découlent. Prévoir, dans la mesure du possible, l’activité à venir et miser sur l’adaptation des compétences de ses salariés. Pour nous à FO, la GPEC doit être au coeur du développement de l’entreprise. FO com a édité un livret spécial GPEC disponible auprès de tout bon militant FO com de proximité !

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