Marie-France Garreta : On voudroit une grève générale - Aisne Nouvelle

 

L'INVITEE DE LA SEMAINE / « On voudrait une grève générale »

 

Responsable de l'union locale Force ouvrière, Marie-France Garreta a participé cette semaine au « 3e tour social ». Engagée depuis plus de quarante ans dans le monde syndical, elle nous parle de ses attentes, de ses priorités pour les salariés du Pays chaunois, de ses relations avec les autres syndicats.

 

Marie-France Garreta est requinquée par la manifestation de mardi.


Comment est né votre engagement syndical ?
Comme je suis contre l'injustice et que je ne suis pas du genre à me laisser abattre, je me suis tournée naturellement vers le syndicalisme, en particulier Force ouvrière. Pour moi, c'est une deuxième famille qui a su être présente, par exemple, quand ma maison a brûlé il y a quatre ans. je lui rends ce qu'il me donne.


Cette semaine, vous avez manifesté à Paris. Que retenez-vous de ce 3e tour social qui s'est tenu juste après les Régionales ?
Je suis satisfaite de cette manifestation. À Paris, nous étions environ 10 000 à avoir répondu à l'appel lancé par FO. Deux cars sont d'ailleurs partis de l'Aisne. Cela nous a requinqués. Cela n'a rien à voir avec les manif' organisées dans les petites villes qui, à mon avis ne servent à rien.


Votre remarque vaut aussi pour les rassemblements qui ont eu lieu l'année dernière à Chauny ?
Disons qu'on s'est montré. Je reste persuadée qu'au niveau du gouvernement, cela n'a pas d'impact ; j'ai l'impression qu'il s'en fiche. C'est pour cette raison que l'on trouve ces processions dans les petites villes pas vraiment utiles.


Quels rapports entretenez-vous avec les autres syndicats, la CGT notamment ?
Ils sont excellents. Je n'ai aucun souci avec les autres. Quand il y a eu la fermeture des deux sites de Nexans, nous avons tous été solidaires en défilant aux côtés des salariés. En revanche, nous n'avions pas participé au printemps dernier à la manifestation contre la politique menée par le gouvernement Fillion car nous étions à Saint-Quentin.


Pourquoi, selon vous, les salariés sont si peu nombreux à se syndiquer ?
Je crois qu'il y a un certain laxisme un peu partout ; on vient de le voir avec les dernières élections régionales. Les gens ne prennent pas conscience de la situation dans laquelle l'on se trouve. À titre personnel, depuis que j'ai repris l'union locale, les adhésions sont en augmentation. Ça marche beaucoup grâce au bouche à oreille. Les gens viennent d'abord chercher un renseignement, un conseil avant d'adhérer.


Pensez-vous que les syndicats jouent bien leur rôle ?
Oui. Ce que je ressens, c'est que je fais du boulot. Je refuse l'échec : je ne laisserai pas les gens dans la galère même si ce n'est pas facile.
Quelle est la priorité numéro 1 de l'union locale ?
Répondre à toutes les attentes, de manière positive, sur les questions relatives à l'emploi, aux

conditions sociales qui se dégradent. Je sens de plus en plus de misère dans le monde des ouvriers. Notre combat principal est de faire diminuer le chômage.


Comment jugez-vous la politique menée par le président Sarkozy et le gouvernement ?
Chez FO, on ne fait pas de politique ; chacun est libre de ses opinions. Mais moi, je suis déçu de tout ce qui se passe. J'ai l'impression qu'on se moque des gens, de la misère. Les syndicats sont méprisés. Nos gouvernants ne tiennent pas compte des votes, des manifestants ; nous ne sommes plus écoutés.


Qu'attendez-vous exactement ?
Ce que l'on voudrait, c'est une grève générale interprofessionnelle par rapport au dossier de la retraite. Force ouvrière est contre la réforme du système de retraite qui n'est pas déficitaire contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire.

 

 

 

LA QUESTION QUI FACHE
Est-ce que le fait d'avoir le maire de Chauny comme président d'honneur de l'union locale FO est un frein à vos actions locales ?
Pas du tout ! Le maire de Chauny serait CGT ou CFDT, cela ne changerait rien. Personne ne m'arrête et je n'ai peur de personne. Et puis jamais nous n'avons été ses auxiliaires. Si nous n'avons pas défilé en 2009 à Chauny - hormis pour les manifestations de soutien aux Nexans - c'est parce qu'on avait choisi d'aller à Saint-Quentin. Je me répète peut-être mais les processions dans les petites communes ne nous intéressent pas.

 

 

EN BREF

État civil
Marie-France Garreta est née à Ham (Somme). Mariée, 1 enfant, elle habite Tergnier.

Vie professionnelle
Préparatrice en pharmacie, elle a effectué la quasi-totalité de sa carrière à Ham. Elle a aussi travaillé quelques mois à Charmes. Elle est désormais en préretraite.


Vie syndicale
« J'ai été syndiquée sous la bannière Force ouvrière dès que j'ai démarré en apprentissage. C'était en 1968. » Marie-France Garreta a fait 19 ans de prud'homal en assurant la présidence de la section commerce et celle des référés. Ancienne membre du syndicat de la pharmacie, elle occupe depuis 2009 le poste de secrétaire du syndicat de la Picardie.

En 2007, elle a succédé à Jean-Michel Lenglet comme secrétaire de l'union locale FO.

 

Auteur : Ludovic QUILLET
Article paru le : 29 mars 2010

Origigine des informations : http://www.aisnenouvelle.fr/index.php/cms/13/article/435434/L_INVITEE_DE_LA_SEMAINE____On_voudrait_une_greve_generale__

 

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