LES FEMMES AU TRAVAIL

LES FEMMES AU TRAVAIL

Un nouveau rapport révèle que l’écart salarial entre les hommes et les femmes dépasse les estimations précédentes

 

 



L’étude couvre également l’impact de la crise économique sur l’emploi et le revenu des femmes et dévoile le coût de la violence contre les femmes.

Bruxelles, le 5 mars 2009 : D’après un nouveau rapport publié par la CSI en prévision du 8 mars - Journée internationale de la femme – l’écart salarial entre les hommes et les femmes au niveau mondial est susceptible d’être beaucoup plus élevé que les estimations officielles des gouvernements. Le rapport intitulé « (In)-égalité de genre dans le marché du travail » est basée sur les résultats d’une enquête à laquelle ont pris part environ 300.000 femmes et hommes dans 20 pays. D’après cette nouvelle enquête, l’écart salarial s’élèverait à 22%, alors que les statistiques officielles des gouvernements, sur lesquelles la CSI s’était basée en mars 2008, le situaient à 16,5%.

Par ailleurs, le rapport confirme des conclusions antérieures selon lesquelles l’affiliation syndicale et, singulièrement, l’inclusion des femmes aux conventions collectives contribuent à une nette amélioration des revenus, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, de même qu’à une amélioration de la situation salariale des femmes au regard de leurs collègues masculins. L’étude, qui s’inscrit à la suite du Rapport mondial 2008 de la CSI sur l’écart salarial entre hommes et femmes, a été préparée par des experts du bureau d’études londonien Income Data Services et se base sur les résultats d’enquêtes menées sur la Toile en 2008 dans des pays industrialisés et en développement par la WageIndicator Foundation.

« Ce rapport démontre clairement l’avantage que les hommes et les femmes tirent de l’affiliation syndicale, qui est d’autant plus significatif dans la conjoncture actuelle de crise économique mondiale, où l’emploi et le niveau de vie de millions de travailleuses et de travailleurs se trouvent gravement menacés », a signalé Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.

Parmi ses autres conclusions, le rapport confirme que les femmes possédant un niveau de qualification supérieur connaissent, en réalité, un écart salarial plus marqué par rapport à leurs collègues masculins possédant le même niveau de qualification et qu’il augmente avec l’âge.

« Parmi les diverses raisons pour lesquelles les femmes continuent de toucher nettement moins que les hommes, il y a notamment la discrimination manifeste ou voilée à l’encontre des femmes dans le marché du travail et au niveau de l’entreprise, la manière dont les employeurs octroient les promotions aux postes mieux rétribués, surtout dans le secteur privé, et les déficiences au plan de la protection de la maternité pour les travailleuses et le droit aux congés parentaux pour les femmes et les hommes », a déclaré Sharran Burrow, présidente de la CSI et de l’Ausralian Trade Union Centre (ACTU).

La CSI a produit une nouvelle vidéo - définition standard - haute définition - sur le thème de la protection de la maternité qui vise à attirer l’attention du public sur les difficultés qu’ont à affronter les femmes lorsqu’elles doivent concilier leur vie professionnelle avec leurs activités à la maison et au sein de la communauté.

Impact de la crise économique sur les femmes

Le rapport examine également l’impact de la récession économique sur l’accès des femmes à l’emploi et aux revenus. Les récessions antérieures ont eu une répercussion particulièrement néfaste sur les femmes des pays en développement travaillant dans les industries exportatrices et l’agriculture. Les femmes ont également été le plus durement affectées par les révisions baissières des deniers publics destinés à la santé, à la protection sociale et à l’éducation. Une attention toute particulière devra être accordée aux impacts sur les femmes des réponses politiques dans le contexte particulier des mesures de redressement adoptées par les gouvernements en réponse à l’actuelle crise.

« La tendance mondiale croissante à la substitution de l’emploi régulier par le travail contractuel et intérimaire a eu une incidence marquée sur les femmes. Ces emplois précaires sont aussi les premiers supprimés à l’heure où les patrons réduisent leurs effectifs face à la récession mondiale. Plusieurs millions de femmes travaillant en tant que domestiques ou main-d’œuvre migrante sont menacées par le chômage ou ont déjà perdu leur emploi, exacerbant d’autant plus la situation déjà extrêmement critique des ménages de par le monde », a signalé Ryder.

Le rapport s’attaque également, dans un chapitre spécialement consacré à cette problématique, aux terribles conséquences humaines et économiques de la violence contre les femmes, en examinant de plus près l’impact de la violence contre les femmes à la maison, dans la société et au travail. D’après des statistiques de l’OMS, citées dans le rapport, dans certains pays, une majorité de femmes subissent des abus physiques et des chantages psychologiques. Toujours d’après les mêmes statistiques, en moyenne, un tiers des femmes à l’échelle mondiale subissent l’une ou l’autre forme de violence au cours de leur vie. Outre les séquelles physiques et mentales de long terme causées par la violence contre les femmes, le rapport présente des preuves irréfutables des répercussions de cette violence sur l’emploi et la situation économique des femmes. Fournissant des exemples du coût économique total de la violence contre les femmes dans certains pays choisis, le rapport indique que son coût global pourrait représenter des dizaines voire des centaines de milliards de dollars.

« Partout dans le monde, les syndicats oeuvrent d’arrache-pied à l’abolition de la violence contre les femmes, que ce soit à travers l’action des gouvernements, la sensibilisation ou la mobilisation dans les lieux de travail. Nous appelons les gouvernements à travailler ensemble pour dresser un tableau aussi complet que possible des causes et des effets, y compris une analyse du coût économique colossal qui ne fait qu’aggraver l’impact sur les femmes elles-mêmes et sur la société », a déclaré Burrow.

Pour lire le texte intégral du rapport, prière de cliquer ici

Ce rapport est publié dans le cadre de la campagne Travail décent pour une vie décente du groupement Global Unions.

La CSI représente 170 millions de travailleurs dans 312 organisations affiliées dans 157 pays et territoires.

www.youtube.com/ITUCCSI Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse de la CSI au +32 2 224 0204 ou au +32 476 621 018.

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