Jean-Claude Mailly : 2010, Tout est possible ?


L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

2010 ?
TOUT EST POSSIBLE
Il ne faut pas être grand clerc pour constater que, face à une crise profonde du système capitaliste, le changement de modèle n’est pas à l’ordre du jour.

Certes, les États sont intervenus massivement et financièrement depuis l’automne 2008, évitant ainsi un scénario du type des années 1930. Entre sauvetage des banques et plans de relance, ce sont de milliers de milliards d’euros qui ont ainsi été engagés dans le monde.



 

Mais, en contrepartie, aucun changement de fond n’est intervenu en matière de réglementation bancaire et financière, en matière monétaire ou en matière sociale, ce qui impliquerait un changement de modèle.

Bref, la logique capitaliste d’avant-crise perdure, les États étant intervenus comme des États providence du capitalisme libéral (nationalisation des pertes, privatisation des profits).

L’économie est en quelque sorte sous respiration artificielle, l’endettement public s’est envolé et les deux mâchoires de l’étau en 2010 seront: l’une, une limitation des marges de manœuvre en terme de relance du fait des déficits, l’autre la mise en œuvre de politiques d’austérité publique et sociale pour réduire la dette.

D’où l’urgence de mettre en place de nouvelles règles aux niveaux international, européen et national pour sortir de ce piège.

En Irlande, bonne élève du capitalisme libéral avant et pendant la crise, des programmes d’austérité sociale sont déjà en place avec une réduction sévère des dépenses publiques (y compris les salaires) et sociales.

À ceux qui disent que la France est surendettée, nous rappellerons qu’elle ne figure pas parmi les onze pays dits les plus vulnérables (par exemple les pays de l’Est, la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, le Royaume-Uni et les États-Unis).

Cela veut dire que si la France était menacée et sa note dégradée*, ce serait synonyme de déflagration financière mondiale.

Dans une telle situation, il est évident que les travailleurs vont devoir se faire entendre pour échapper à l’étau capitaliste qui risque de se mettre en place et que le rôle du syndicalisme libre et indépendant sera essentiel, en France et ailleurs.

C’est pourquoi en 2010, tout est possible.

* Note accordée par les agences de notation qui n’ont rien vu venir, ont «couvert» certaines situations et continuent comme avant.

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