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COMMUNIQUE Déclaration de Jean-Claude MAILLY

 

 

COMMUNIQUE

Déclaration de Jean-Claude MAILLY,

Secrétaire général de FORCE OUVRIERE



Alors que le gouvernement, selon Monsieur COPÉ, annonce qu’il présentera son projet de loi sur les retraites le 15 juin, FORCE OUVRIERE lance un appel aux travailleurs et à leurs organisations pour rejoindre, ce même jour, l’appel à la grève interprofessionnelle de 24 heures et à la manifestation nationale à Paris.

D’ores et déjà ce seront plusieurs dizaines de milliers de salariés du public et du privé qui manifesteront le 15 juin à Paris sur l’appel lancé par FORCE OUVRIERE, rejoint nationalement par le SNETAA, la FGAF et par des militants d’autres organisations.

Face à un projet qui sera destructeur de droits sociaux, injuste socialement et inefficace économiquement, FORCE OUVRIERE appelle les travailleurs à militer dès le 15 juin pour le retrait du plan gouvernemental.

Paris, le 8 juin 2010

Saisir le 15 juin 2010

SAVOIR SAISIR LE 15 JUIN

 

Jouant sur la communication en distillant progressivement les annonces, le gouvernement a fini par admettre, deux jours avant la journée de mobilisation de plusieurs organisations syndicales, qu’il allait reculer le droit au départ en retraite au-delà de 60 ans. Il explique dans le même temps que ce sera progressif et que quelqu’un ayant 59 ans et pouvant partir à 60 ans n’aura que 3 mois de plus à faire. Une broutille en quelque sorte. Mais, dans la même logique, quelqu’un qui a 56 ans et qui espérait pouvoir partir dans quatre ans devra travailler un an de plus.


Un an ce n’est pas rien, surtout quand on compte les jours compte tenu notamment de la dégradation des conditions de travail, Dans le privé comme dans le public. Une personne qui a 52 ans devrait quant à elle s’attendre à travailler deux ans de plus, à raison d’un trimestre supplémentaire par an de recul à compter de 2011.


Quant aux jeunes générations, celles qui d’ores et déjà savent qu’elles devront travailler au-delà de 60 ans, rien ne leur est garanti.


En effet, ce que prévoit le gouvernement n’assure aucun équilibre financier et, dès lors, tout est possible en termes de dégradation sociale: 65, 66, 67... 70 ans.


En quelque sorte, cela revient à dire: travaillez jusqu’à en mourir, on s’occupe du reste. Rappelons qu’a contrario, ce que propose Force Ouvrière en termes de financement assure un équilibre financier rapide des retraites. On est effectivement sur deux logiques opposées.

Pour le gouvernement, l’équilibre financier doit être trouvé en remettant en cause les droits sociaux. Pour nous, les droits sociaux doivent être protégés en prenant les décisions de financement nécessaires. D’un côté le gouvernement s’entête dans la logique du capitalisme libéral et financier à l’origine de la crise. D’un autre, nous proposons un changement de modèle qui vaut non seulement pour les retraites, mais également pour tous les autres dossiers.


Dans ces conditions, seul un rapport de forces efficace peut contraindre le gouvernement à renoncer. C’est dans cet esprit que nous avons lancé une journée de grève interprofessionnelle et de manifestation à Paris: pour montrer notre détermination. Nous assumons clairement nos responsabilités. Cet appel n’est pas fermé. D’autres organisations, «nos amis» d’autres organisations, sont libres de s’y joindre, le tout est de savoir si l’on veut se donner les moyens et si l’on veut donner aux salariés les moyens de contraindre le gouvernement à renoncer à ses contre-réformes Nous savons tous –ce n’est pas la peine de faire semblant– que les manifestations ricochets, sans les étudiants et les lycéens, ne sont pas efficaces. D’ores et déjà, certains syndicats ont décidé de nous rejoindre, comme le SNETAA, syndicat de professeurs de lycées professionnels. De son côté, la CFTC a considéré qu’après le 27 mai, il fallait savoir saisir le 15 juin.

En tout cas, pour ce qui la concerne, Force Ouvrière prépare la réussite de cette journée. Le dossier retraite durera jusqu’à l’automne.


Mais il faut dès le 15 juin démontrer notre détermination, en appelant à une journée de grève interprofessionnelle et en manifestant à Paris. Dire ce qu’il faut faire et faire ce que l’on dit, cela s’appelle tout simplement assumer ses responsabilités.

RETRAITES: LA MÈRE DES REVENDICATIONS

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 31 mars 2010

 

RETRAITES: LA MÈRE DES REVENDICATIONS

 


Comme la Commission exécutive confédérale l’avait décidé, Force Ouvrière a marqué presque partout sa visibilité à l’occasion du 23 mars, sur nos positions. Pour nous, le 23, c’était sur les retraites car cette question, mise à l’ordre du jour par les pouvoirs publics, devient «la mère des revendications». Quand on parle des retraites, on parle des salaires, de l’emploi et des régimes sociaux, donc de la république sociale.

À Paris, le 23 mars, Force Ouvrière a manifesté à part, le matin, sur nos positions. Les unions départementales d’Île-de-France, appuyées par dix unions départementales alentour, ont réuni 10 000 personnes dans la manifestation et le meeting qui s’est tenu à l’issue de celle-ci, place Denfert-Rochereau.

À cette occasion, j’ai réaffirmé les raisons de notre décision et expliqué que c’était maintenant qu’il fallait annoncer la couleur. C’est-à-dire afficher clairement et publiquement nos positions et les moyens d’action pour les faire aboutir. Ce n’était pas utile d’attendre le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), car nous savons déjà que ce sera le même en pire, compte tenu de la crise.

Rappelons en outre que nous ne serons engagés en rien par le rapport du COR. Comme j’ai eu l’occasion de le dire: «le «COR au pied» et «les revendications en marche!» Ce fut aussi l’occasion de souligner que nous n’étions pas amnésiques, que nous nous souvenions de 2003 et de 2009.

Oui, nous pouvons gagner si l’unité d’action est claire, sans ambiguïté, tant dans les revendications que les moyens d’action.

Sur ces derniers, nous avons expliqué que nous n’étions pas d’accord avec les manifestations ricochet (à répétition), qui finissent toujours par tomber à l’eau et que nous reformulions notre proposition d’un appel commun, sur des revendications claires, à 24 heures de grève interprofessionnelle, public et privé.

Le gouvernement prendrait de gros risques – qui plus est, il est déjà affaibli – s’il ne répondait pas à la suite d’une telle journée réussie.

Dans ces conditions, le 1er mai sera pour Force Ouvrière un 1er Mai «unitaire FO», sur nos positions.

C’est pourquoi nous ne nous sommes pas rendus à la réu-nion entre syndicats du 30 mars, dont l’objet est de programmer des manifestations à répétition, ce qu’on pourrait appeler un steeple-chase manifestif. L’opposition raisonnable est du même acabit que l’accompagnement.

Il est également important que partout, dans les entreprises, services publics et administrations, les militant(e)s expliquent nos positions pour convaincre les travailleurs de leur bien-fondé et préparer activement le rapport de forces.

La crise n’est pas terminée, loin s’en faut. La consommation des ménages vient de chuter pour le deuxième mois consécutif.

Pour sortir de cette crise, les travailleurs doivent se faire respecter collectivement et avec détermination. Ils n’ont pas à payer la facture d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.


FO Hebdomadaire - MARS 2010

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