Nicolas Sarkozy

L’économie française n’a jamais détruit autant d’emplois qu’en 2009

Selon le bilan 2009 de la DARES, la crise a entraîné la suppression de plus d’un demi million d’emplois, notamment dans l’industrie qui demeure de loin le secteur le plus affecté. De quoi remettre en question la politique du gouvernement en la matière.

Plus d’un demi million d’emplois ont été rayés de la carte depuis le début la crise en 2008. C’est ce qui ressort du bilan 2009 publié jeudi par la direction des études économiques du ministère du travail (DARES). L’an dernier, 337 000 postes ont été ainsi supprimés dans le secteur privé, s’ajoutant aux 190 000 que l’économie française avait déjà détruits en 2008. Avec une perte nette de 256.100 emplois salariés en 2009, la DARES souligne qu’un «tel niveau de destructions n'avait jamais été observé depuis l'après-guerre».

Particulièrement touché, le secteur industriel a vu ses effectifs fondre encore de plus de 5%, soit 168 000 postes disparus. Une situation d’autant plus inquiétante que l’industrie continue de souffrir de l’absence patente de politique économique active alors que chacun sait qu’il demeure une source plus sûre de création d’emplois durable Et ce n’est pas la «stratégie de réindustralisation» présentée le 21 juillet dernier par le gouvernement qui pourrait inverser la tendance. Celle-ci se limite en effet à «prévenir autant que possible les fermetures d’entreprises industrielles, et, le cas échéant, à accompagner ces restructurations en privilégiant le retour à l’emploi et à l’activité», via notamment un nouveau dispositif d’aide de 200 millions d’euros.

«La mise en œuvre par les pouvoirs publics d'aides financières publiques au bénéfice d'entreprises ne peut s'inscrire dans un cadre de "prévenir les fermetures" et "d'accompagner les restructurations". Une telle politique restrictive serait dangereuse car complaisante à l'égard des destructions d'emplois et autres chantages ou restrictions imposés aux salariés par plusieurs entreprises», avait réagi FO. Pour la confédération syndicale, les pouvoirs publics doivent au contraire «obtenir de la part des entreprises bénéficiant d'aides publiques et d'exonérations de cotisations sociales des engagements contractualisés sur l'arrêt des licenciements, sur le maintien et le développement de l'emploi et sur des augmentations salariales».

À l’issue de ces Etats généraux de l’industrie, le Chef de l’Etat Nicolas Sarkozy avait notamment fixé comme objectif l'augmentation de 25% en volume de la production industrielle française d'ici 2015 et la pérennisation de l'emploi industriel sur le long terme. On en reste encore très éloigné.

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