hôpital

Hôpital : Violence à tous les étages

Hôpital : Violence à tous les étages

LE BLOG DES HOSPITALIERS F.O SANTE

DES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

par http://fo-sante.org

Hôpital : Violence à tous les étages

La violence peut faire partie des « risques du métier » ; par exemple, le travail en psychiatrie, dans un service des urgences, dans des centres pour adolescents, etc. Dans ce cas il appartient à l’employeur, au directeur d’hôpital, de prendre les mesures pour supprimer, éviter ou réduire ce risque. Cela fait partie de ses obligations. (article L. 4121-2 du code du travail)

Mais il existe d’autres aspects de la violence qui ont d’autres sources ; les collègues, la hiérarchie, l’employeur. Elles sont tout à fait inacceptables. Les syndicats sont souvent démunis face à ces situations qui, du fait de la crise, se développent et s’aggravent. C’est pourquoi, après avoir exposé brièvement la définition, les différents types de violence et leurs différentes formes, nous vous proposerons quelques témoignages et les enseignements qu’il faut en tirer.

Au cours de cette série, nous vous communiquerons un support d’enquête pour prévenir du harcèlement qui est une agression difficile à faire reconnaître. Pour cela il faut du temps et un accompagnement du syndicat afin d’aider la victime à verbaliser, à écrire et à porter plainte si nécessaire.

La conjoncture actuelle est suffisamment difficile pour accepter la violence que l’on peut qualifier d’institutionnelle et qui vient aggraver encore les conditions de vie au travail et par voie de conséquence, la vie hors travail.

Définition :

Qu’est-ce qu’une violence ? Le mot « violence » vient du latin vis, qui désigne d’abord la force et plus encore l’abus de cette force sans égard à la légitimité de son usage. C’est la force déréglée qui porte atteinte à l’intégrité physique ou psychique pour mettre en cause dans un but de domination ou de destruction l’humanité de l’individu.

Les différents types de violence : 

(nous ne retiendrons ici que celles qui concernent l’homme au travail)

  • la violence entre les personnes, comportements de domination ou asservissement employant la force, physique (coups, viol, torture…), verbale et psychologique (injures, injonctions paradoxales, harcèlement, privation de droits ou de liberté, abus de position dominante…)
  • la violence politique, c’est-à-dire tout acte violent dont leurs auteurs revendiquent la légitimité au nom d’un objectif politique
  • la violence symbolique, qui désigne à son tour plusieurs sortes de violence : ce peut être la violence verbale, dont on peut considérer qu’elle est la première étape vers un passage à l’acte ; ou une violence invisible, institutionnelle : c’est la violence structurelle. Celle-ci désigne plusieurs phénomènes différents qui favorisent la domination d’un groupe sur un autre et la stigmatisation de populations, stigmatisation pouvant aller jusqu’à la création d’un bouc émissaire
  • la violence économique : en France, la 1re chambre civile de la Cour de cassation, dans un arrêt du 3 avril 2002, et sur le fondement de l’article 1112 du Code civil, a ainsi jugé que « l’exploitation abusive d’une situation de dépendance économique, faite pour tirer profit de la crainte d’un mal menaçant directement les intérêts légitimes de la personne, peut vicier de violence son consentement».

Les différentes formes de violence :

  •  Violence verbale : elle se retrouve souvent entre collègues, ou envers la hiérarchie.  Rarement envers les malades, les patients ou les personnes hébergées pour laquelle elle pourrait être sanctionnée. C’est souvent une expression directe qui précède l’acte violent, l’agression physique. On peut caractériser la violence verbale par l’insulte, les menaces.
  • Violence psychologique dont la forme la plus connue est le harcèlement moral. C’est la maladie du pouvoir. Souvent elle est l’œuvre de pervers, de gens qui détiennent une parcelle d’autorité et qui ne peuvent l’affirmer par de la compétence. Ils cherchent ainsi à masquer cette incompétence par de la nuisance, par besoin d’exister. Dénigrer, rabaisser, insulter, humilier, ignorer, isoler, surveiller, harceler, menacer, intimider, sont leurs moyens d’action. C’est aujourd’hui un délit et le « Blog-FO-santé » dans les prochaines semaines vous proposera un outil d’observation pour aider ceux qui en sont les victimes.
  • Violence physique : C’est le type le plus direct de violence. Rare entre personnel, elle est davantage observée en psychiatrie pour des causes inhérentes à l’essence même du travail dans ce milieu. Elle est aussi présente dans les services en contact avec les malades à l’hôpital, ou les clients ailleurs.

Il existe bien un Observatoire National de la Violence en milieu Hospitalier (ONVH). Mais il observe davantage les atteintes aux biens et aux personnes qu’aux autres aspects de la violence. Le responsable de cet observatoire est un commissaire de police.( !)

Ainsi la violence est protéiforme et peut prendre ses sources dans de multiples situations.

La prévention n’est pas facile et pour en débattre, le blog de http://fo-sante.org invite tous les lecteurs à témoigner en adressant leur message sur l’adresse du blog ; blogsantefo@gmail.com

 

http://fo-sante.org

La réorganisation de l'hôpital décriée

 

 

 

 

 

La réorganisation de l'hôpital décriée

 

CHAUNY - Le Monsieur santé du syndicat Force Ouvrière était présent vendredi, au centre hospitalier. Il a pointé du doigt les effets négatifs de la réorganisation.

Le diagnostic établi par Didier Bernus, le secrétaire général FO représentant la fédération des services publics et de santé, n'est guère séduisant pour le centre hospitalier de Chauny. En cause, la réorganisation des services pour permettre un retour à l'équilibre financier en 2014, selon le souhait formulé par l'Agence régionale de santé.
Le responsable syndical est allé à la rencontre des agents travaillant au service de la médecin, aux urgences ou encore à la chirurgie. Qu'a-t-il retenu ? « Partout où je suis allé, j'ai entendu le personnel évoqué la question des conditions de travail. Et vous savez, je n'ai pas eu à les forcer en leur demandant si tout allait bien ; ils n'en peuvent plus. Dès qu'il y a des congés ou un arrêt de travail, les services sont désorganisés car la personne manquante n'est pas remplacée. Par conséquent, des équipes se trouvent en sous-effectif ou alors, il faut rappeler ceux qui sont en repos », déplore Didier Bernus.
En un an, cinquante agents du centre hospitalier de Chauny n'auraient pas été remplacés (départs en retraite, mutations...).
L'établissement ne serait pas le seul dans ce cas-là. « Je me rends régulièrement dans les hôpitaux de France ; ce genre de problème revient systématiquement. Mais on ne peut pas faire tourner des établissements hospitaliers en comptant uniquement sur la conscience professionnelle du personnel », souligne le syndicaliste.

« Le personnel est en souffrance »

Un avis que partage Jean-Louis Misson, secrétaire général FO au centre hospitalier de Chauny : « Le personnel est en souffrance. D'ailleurs, le nombre de congés maladie a explosé. Il y a des inquiétudes à tous les niveaux hiérarchiques. Le dialogue social existe mais on a l'impression que le fossé se creuse entre la direction et le terrain. »
Le syndicat n'en veut pas directement au directeur de l'établissement ; en revanche, il n'apprécie guère la politique menée par le gouvernement. « Depuis 1990, on nous dit qu'il faut réorganiser les hôpitaux ; à force d'être réorganisé, ça devrait fonctionner...Nous y sommes aussi favorables mais avec des moyens suffisants. Or, ce n'est pas le cas. Maintenant, on nous parle de productivité. Mais ça veut dire quoi ? », interroge le syndicaliste national.
Ce dernier a parlé de tout cela avec les agents mais aussi la direction de l'hôpital. Et après ? « On va continuer à se bagarrer pour sauver des postes et pour écouter les collègues, et c'est déjà important car il y a un manque de communication », annonce-t-il.
La sirène d'alarme est tirée, reste à savoir si elle sera entendue jusque dans les plus hautes sphères de la santé.

 

 

CE QU'EN DIT LE DIRECTEUR
Avant de prendre connaissance du diagnostic réalisé par le syndicat FO, qui se partage la représentation du personnel avec une autre organisation syndicale, nous avons rencontré le directeur.
Pour Philippe Arezki, « la réorganisation est positive ». Elle répond aux attentes placées en elle. « Je peux vous dire que l’hôpital de Chauny se porte bien ; on sent les premiers effets de la réorganisation. Si on poursuit sur cette voie, le retour à l’équilibre budgétaire en envisageable pour 2013/2014. »
Concernant les maux exprimés par le personnel, il ne les nie pas ; il les met sur le compte du changement d’organisation..

Ludovic QUILLET

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×