Editorial

Éditorial de Jean-Claude Mailly

PENDANT TOUTE CAMPAGNE, LES REVENDICATIONS CONTINUENT



L’indépendance, une des conditions de la liberté syndicale, a ses exigences. Cela se traduit notamment dans notre comportement.

Ainsi, si nous avons répondu à l’invitation, de caractère protocolaire et républicain, aux vœux du président de la République, nous ne répondons pas positivement à l’invitation à nous rencontrer du Secrétaire général de l’UMP.

Tout simplement parce que la lettre qu’il a fini par nous envoyer (après avoir fait l’annonce publique des rencontres) s’inscrit dans le cadre de la campagne électorale: «Nous ne pouvons ignorer la nécessité de réfléchir aux thèmes sur lesquels les Français seront amenés à se prononcer», et pour «procéder à un large tour d’horizon des sujets sociaux dont les acteurs de la vie démocratique que sont les partis politiques et les partenaires sociaux seront saisis».

Autant nous ne refusons pas les échanges démocratiques pour, par exemple, donner notre point de vue sur tel ou tel dossier ou faire part de nos analyses, autant il est essentiel de veiller à ne pas mélanger les choses et ne pas risquer ce qu’on appelle l’instrumentalisation.

Maintenant il est tout aussi clair et évident qu’à la différence d’autres, nous ne ferons pas de buzz médiatique sur de tels faits, ce qui serait aussi une manière «d’entrer en campagne»!

Pour autant, comme je l’indiquais la semaine dernière: pendant toute campagne, les revendications continuent.

La semaine dernière nous avons également fixé avec le patronat le calendrier des négociations et délibérations à venir.

En matière de négociation, outre le renouvellement d’accords à échéance (convention d’assurance-chômage et retraites complémentaires), les négociations sur l’emploi des jeunes ou le paritarisme seront importantes. Nous sommes beaucoup plus sceptiques sur la délibération relative aux IRP, dans la mesure où nous n’accepterons pas une remise en cause des droits sociaux et structures en la matière. C’est pourquoi une suspension des discussions nous semble préférable.

Notre scepticisme vaut aussi pour engager une réflexion sur le financement de la protection sociale, et ce, pour deux raisons:

– Nous sommes en total désaccord avec la note rendue publique d’un groupe de travail du MEDEF sur la question, note qui vise à remettre en cause la Sécurité sociale issue du Conseil national de la Résistance.

En la matière, cette note s’inscrit dans la vision dogmatique et comptable de la compétitivité et vise à nouveau à accentuer la privatisation.

– Nous ne nous ferons pas instrumentaliser par rapport à un dossier qui risque d’être au cœur de la campagne électorale. Il serait d’ailleurs pour le moins cocasse et à contre-courant que la France remette en cause les fondements et structures de la Sécurité sociale au moment où, à l’Organisation internationale du travail, des travaux sont engagés pour définir une sécurité sociale d’aspect universel, notamment vis-à-vis des peuples et travailleurs qui n’en bénéficient pas.

Alors que la crise montre qu’il faut changer le modèle économique et placer le social au rang des priorités, nous nous battons pour non seulement préserver, mais encore consolider le pacte social républicain auquel la Sécurité sociale appartient.

 

 

www.force-ouvriere.fr

DE TOUTES NOS FORCES

 

  LA PRIORITÉ, C’EST DE RÉUSSIR LE 15 JUIN

Le gouvernement devrait faire connaître son avant-projet de loi sur les retraites entre le 16 et le 20 juin, c’est-à-dire juste après notre appel à la grève et à notre manifestation à Paris du 15 juin 2010.


Cette journée du 15 juin est importante.Elle va montrer la détermination de Force Ouvrière sur la question des retraites, à la
fois sur les revendications et sur les modalités d’action. Nous sommes dans la continuité de ce que nous expliquons
depuis plusieurs mois: ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. On dit ce qu’il faut faire et on fait ce que l’on dit, et on assume clairement nos positions.


Au passage, rappelons que nous avons appelé dès le 4 mai au 15 juin, tout en disant que le 15 juin était ouvert. Certaines organisations nous ont d’ailleurs rejoints depuis, comme le SNETAA (professeurs de lycées professionnels) ou
la FGAF (Fédération générale autonome des fonctionnaires).


Rien ni personne n’empêchait donc d’autres confédérations de faire de même, notamment en appelant clairement à une journée de grève. Ce n’est pas leur choix. Nous en prenons acte. Cela n’entache en rien notre détermination à faire reculer le gouvernement. Comme toujours, Force Ouvrière agit en fonction de ses
positions, de ses convictions et de manière pragmatique, en tenant compte des expériences passées et du contexte.


Cela s’appelle tout simplement la libre détermination et l’indépendance, auxquelles nous sommes profondément attachés.


L’action commune est bien entendu un atout dans la constitution d’un rapport de forces. Encore faut-il que nous soyons sûrs de tirer dans le même sens.
Pour ce qui nous concerne, nous n’accepterons jamais un report du droit à la retraite à 60 ans, un nouvel allongement de la durée de cotisation ou une remise en cause du code des pensions. Et nous avons proposé plusieurs pistes de financement pour régler le dossier retraites sans remettre en cause les droits des travailleurs, du public comme du privé. Dans l’action commune, les organisations peuvent avoir des différences, mais pas sur l’essentiel. Quand on «marche
ensemble», autant aller dans le même sens, sinon c’est le b... assuré et c’est alors le gouvernement qui tire les marrons du feu.


L’avenir nous dira – et rien n’est garanti – si faute de pouvoir être d’accord sur ce qu’il faut faire pour régler la question des retraites, on pourra être d’accord pour dire non au plan gouvernemental, c’est-à-dire revendiquer son retrait.


Quoi qu’il en soit, aujourd’hui la priorité, c’est de réussir le 15 juin.

 

Taper le plus fort possible le 15 juin !

L’éditorial de Jean-Claude Mailly

 

TAPER LE PLUS FORT POSSIBLE LE 15 JUIN !

 

La deuxième concertation officielle avec le ministre du travail sur les retraites s’est tenue le 18 mai, sur la base du document d’orientation préparé par le gouvernement.

Un point majeur de divergences profondes se confirme avec le gouvernement.

Ce dernier, considérant que le problème est avant tout démographique, entend d’une manière ou d’une autre allonger la durée de vie au travail. Et, pour des raisons financières, on sent bien que la voie privilégiée serait celle d’un report progressif du droit à la retraite à 60 ans. Ce qui est, bien entendu, inacceptable pour Force Ouvrière, tout comme serait inacceptable un allongement de la durée de cotisation.

Qui plus est cette décision gouvernementale accompagnée, d’un zeste financier sur les hauts revenus et revenus du capital, ne serait pas de nature à assurer l’équilibre financier à dix ou vingt ans. Alors que les propositions de financement, exposées par Force Ouvrière, assureraient quasi immédiatement cet équilibre financier.

C’est donc bien, avec le dossier retraite, un choix de société qui est posé, celui de la solidarité entre les travailleurs et entre les générations, celui de la politique économique et sociale menée, ce qui passe aussi par la nécessité d’une grande réforme fiscale facteur de redistribution.

Quelle société voulons-nous laisser à nos enfants? Telle est la question posée.

Or on voit très bien que les pouvoirs publics n’ont toujours pas entrepris, malgré la crise, de changer leur fusil d’épaule en matière de politique économique. Pire, ils confirment vouloir réduire les dépenses publiques et sociales, celles qui permettent la mise en œuvre du pacte républicain ou de la république sociale. Or comme le précisait récemment un économiste, ces dépenses constituent le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Outre le clivage de fond avec le gouvernement sur l’allongement de la durée de vie au travail, nous avons abordé les questions liées à la pénibilité, aux poly-pensionnées, au fond de solidarité vieillesse et à la fonction publique. Sur ce dernier point, s’il n’y a pas la volonté de créer une caisse spécifique (ce qui casserait le statut général) il n’en reste pas moins que le gouvernement, sans dévoiler ses choix, met sur la table les questions liées à la réversion, à la retraite anticipée et proratisée pour les femmes ayant eu trois enfants, au niveau des cotisations et aux six derniers mois.

Rien n’est joué.

Après la mi-juin, le gouvernement annoncera son avant projet de loi qui, sera débattu au parlement à partir de septembre.

Il faut donc que nous «tapions» le plus fort possible le 15 juin, en appelant à une journée de grève interprofessionnelle et en manifestant à Paris.

Aujourd’hui, mère des revendications, la retraite est aussi le dossier significatif de la manière dont le gouvernement entend traiter la crise: en s’en prenant aux travailleurs. En lançant l’idée d’insérer dans la Constitution la réduction du déficit budgétaire, en programmant pour les trois à venir une forte diminution des dépenses publiques et sociales (services publics, retraite, assurance maladie, allocations sociales), le gouvernement fait de la réduction des droits publics et sociaux l’alpha et l’oméga de sa politique. Il fait le choix du capitalisme libéral et des inégalités contre celui de la république sociale et de la solidarité.

Le dossier retraite, emblématique, est un train qui en cache bien d’autres.

Il nous appartient alors, en tant que syndicat libre et indépendant, de nous faire entendre clairement et puissamment.

 

40 ANS, C’EST DÉJÀ TROP!

 

   40 ANS, C’EST DÉJÀ TROP! 

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Même si le gouvernement n’a pas encore fait connaître officiellement ses intentions en matière de retraite, on voit très bien que le débat est lancé à travers les ballons d’essai et prises de position diverses, y compris sur le plan politique.

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Jean-Claude Mailly : 2010, Tout est possible ?


L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

2010 ?
TOUT EST POSSIBLE
Il ne faut pas être grand clerc pour constater que, face à une crise profonde du système capitaliste, le changement de modèle n’est pas à l’ordre du jour.

Certes, les États sont intervenus massivement et financièrement depuis l’automne 2008, évitant ainsi un scénario du type des années 1930. Entre sauvetage des banques et plans de relance, ce sont de milliers de milliards d’euros qui ont ainsi été engagés dans le monde.



 

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