15 juin 2010

COMMUNIQUE Déclaration de Jean-Claude MAILLY

 

 

COMMUNIQUE

Déclaration de Jean-Claude MAILLY,

Secrétaire général de FORCE OUVRIERE



Alors que le gouvernement, selon Monsieur COPÉ, annonce qu’il présentera son projet de loi sur les retraites le 15 juin, FORCE OUVRIERE lance un appel aux travailleurs et à leurs organisations pour rejoindre, ce même jour, l’appel à la grève interprofessionnelle de 24 heures et à la manifestation nationale à Paris.

D’ores et déjà ce seront plusieurs dizaines de milliers de salariés du public et du privé qui manifesteront le 15 juin à Paris sur l’appel lancé par FORCE OUVRIERE, rejoint nationalement par le SNETAA, la FGAF et par des militants d’autres organisations.

Face à un projet qui sera destructeur de droits sociaux, injuste socialement et inefficace économiquement, FORCE OUVRIERE appelle les travailleurs à militer dès le 15 juin pour le retrait du plan gouvernemental.

Paris, le 8 juin 2010

DE TOUTES NOS FORCES

 

  LA PRIORITÉ, C’EST DE RÉUSSIR LE 15 JUIN

Le gouvernement devrait faire connaître son avant-projet de loi sur les retraites entre le 16 et le 20 juin, c’est-à-dire juste après notre appel à la grève et à notre manifestation à Paris du 15 juin 2010.


Cette journée du 15 juin est importante.Elle va montrer la détermination de Force Ouvrière sur la question des retraites, à la
fois sur les revendications et sur les modalités d’action. Nous sommes dans la continuité de ce que nous expliquons
depuis plusieurs mois: ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. On dit ce qu’il faut faire et on fait ce que l’on dit, et on assume clairement nos positions.


Au passage, rappelons que nous avons appelé dès le 4 mai au 15 juin, tout en disant que le 15 juin était ouvert. Certaines organisations nous ont d’ailleurs rejoints depuis, comme le SNETAA (professeurs de lycées professionnels) ou
la FGAF (Fédération générale autonome des fonctionnaires).


Rien ni personne n’empêchait donc d’autres confédérations de faire de même, notamment en appelant clairement à une journée de grève. Ce n’est pas leur choix. Nous en prenons acte. Cela n’entache en rien notre détermination à faire reculer le gouvernement. Comme toujours, Force Ouvrière agit en fonction de ses
positions, de ses convictions et de manière pragmatique, en tenant compte des expériences passées et du contexte.


Cela s’appelle tout simplement la libre détermination et l’indépendance, auxquelles nous sommes profondément attachés.


L’action commune est bien entendu un atout dans la constitution d’un rapport de forces. Encore faut-il que nous soyons sûrs de tirer dans le même sens.
Pour ce qui nous concerne, nous n’accepterons jamais un report du droit à la retraite à 60 ans, un nouvel allongement de la durée de cotisation ou une remise en cause du code des pensions. Et nous avons proposé plusieurs pistes de financement pour régler le dossier retraites sans remettre en cause les droits des travailleurs, du public comme du privé. Dans l’action commune, les organisations peuvent avoir des différences, mais pas sur l’essentiel. Quand on «marche
ensemble», autant aller dans le même sens, sinon c’est le b... assuré et c’est alors le gouvernement qui tire les marrons du feu.


L’avenir nous dira – et rien n’est garanti – si faute de pouvoir être d’accord sur ce qu’il faut faire pour régler la question des retraites, on pourra être d’accord pour dire non au plan gouvernemental, c’est-à-dire revendiquer son retrait.


Quoi qu’il en soit, aujourd’hui la priorité, c’est de réussir le 15 juin.

 

Saisir le 15 juin 2010

SAVOIR SAISIR LE 15 JUIN

 

Jouant sur la communication en distillant progressivement les annonces, le gouvernement a fini par admettre, deux jours avant la journée de mobilisation de plusieurs organisations syndicales, qu’il allait reculer le droit au départ en retraite au-delà de 60 ans. Il explique dans le même temps que ce sera progressif et que quelqu’un ayant 59 ans et pouvant partir à 60 ans n’aura que 3 mois de plus à faire. Une broutille en quelque sorte. Mais, dans la même logique, quelqu’un qui a 56 ans et qui espérait pouvoir partir dans quatre ans devra travailler un an de plus.


Un an ce n’est pas rien, surtout quand on compte les jours compte tenu notamment de la dégradation des conditions de travail, Dans le privé comme dans le public. Une personne qui a 52 ans devrait quant à elle s’attendre à travailler deux ans de plus, à raison d’un trimestre supplémentaire par an de recul à compter de 2011.


Quant aux jeunes générations, celles qui d’ores et déjà savent qu’elles devront travailler au-delà de 60 ans, rien ne leur est garanti.


En effet, ce que prévoit le gouvernement n’assure aucun équilibre financier et, dès lors, tout est possible en termes de dégradation sociale: 65, 66, 67... 70 ans.


En quelque sorte, cela revient à dire: travaillez jusqu’à en mourir, on s’occupe du reste. Rappelons qu’a contrario, ce que propose Force Ouvrière en termes de financement assure un équilibre financier rapide des retraites. On est effectivement sur deux logiques opposées.

Pour le gouvernement, l’équilibre financier doit être trouvé en remettant en cause les droits sociaux. Pour nous, les droits sociaux doivent être protégés en prenant les décisions de financement nécessaires. D’un côté le gouvernement s’entête dans la logique du capitalisme libéral et financier à l’origine de la crise. D’un autre, nous proposons un changement de modèle qui vaut non seulement pour les retraites, mais également pour tous les autres dossiers.


Dans ces conditions, seul un rapport de forces efficace peut contraindre le gouvernement à renoncer. C’est dans cet esprit que nous avons lancé une journée de grève interprofessionnelle et de manifestation à Paris: pour montrer notre détermination. Nous assumons clairement nos responsabilités. Cet appel n’est pas fermé. D’autres organisations, «nos amis» d’autres organisations, sont libres de s’y joindre, le tout est de savoir si l’on veut se donner les moyens et si l’on veut donner aux salariés les moyens de contraindre le gouvernement à renoncer à ses contre-réformes Nous savons tous –ce n’est pas la peine de faire semblant– que les manifestations ricochets, sans les étudiants et les lycéens, ne sont pas efficaces. D’ores et déjà, certains syndicats ont décidé de nous rejoindre, comme le SNETAA, syndicat de professeurs de lycées professionnels. De son côté, la CFTC a considéré qu’après le 27 mai, il fallait savoir saisir le 15 juin.

En tout cas, pour ce qui la concerne, Force Ouvrière prépare la réussite de cette journée. Le dossier retraite durera jusqu’à l’automne.


Mais il faut dès le 15 juin démontrer notre détermination, en appelant à une journée de grève interprofessionnelle et en manifestant à Paris. Dire ce qu’il faut faire et faire ce que l’on dit, cela s’appelle tout simplement assumer ses responsabilités.

LE VENIN DE LA RÉFORME DES RETRAITES




Pour FO, si les options du gouvernement venaient à se concrétiser, les salariés seraient amenés à «travailler jusqu'à en mourir».

Le pire n’est jamais sûr! Le gouvernement continue de distiller les annonces quant à sa future réforme des retraites. Le ministre du Travail Éric Woerth a fini par admettre ce week-end qu’il entendait non seulement reculer le droit au départ en retraite au delà de 60 ans et allonger la durée de cotisation mais aussi repousser de l'âge de la retraite à taux plein, qui est fixé à 65 ans depuis 1945. En clair, le décalage d’une borne entraînera le décalage de l’autre.

Explications. 60 ans, c'est l'âge à partir duquel on a le droit de prendre sa retraite, sans abattement lorsque l’on a suffisamment cotisé (40 ans et six mois en 2010). 65 ans, c'est l'âge auquel on peut liquider ses droits sans décote quel que soit le nombre d'années cotisées. «L'âge, c'est en fait une fourchette. Aujourd'hui, c'est 60 et 65, comme l’a souligné le ministre lui-même, avant de préciser que «ces fourchettes bougeront évidemment». Concrètement, selon les options avancées, si l'âge légal est décalé de trois ans, à 62 ou 63 ans, il en sera de même pour la deuxième borne, qui passerait de 65 à 67 ou 68 ans. Le ministre a également indiqué que le relèvement se ferait à terme à raison d'un trimestre par an à partir de 2011.

«Dès lors, tout est possible en termes de dégradation sociale : 65, 66, 67... 70 ans», s’inquiète Jean-Claude Mailly dans un édito à paraître le 2 juin. Pour lui, «en quelque sorte, cela revient à dire: travaillez jusqu'à en mourir, on s'occupe du reste». Ce que son organisation se refuse à admettre. Dans ces conditions, estime Jean-Claude Mailly, «seul un rapport de forces efficace peut contraindre le gouvernement à renoncer» en rappelant que c'est dans cet esprit que FO appelle le 15 juin à une journée de grève interprofessionnelle et à une manifestation à Paris.

JOUR APRÈS JOUR DU MARDI 1 JUIN 2010

www.force-ouvriere.fr

Taper le plus fort possible le 15 juin !

L’éditorial de Jean-Claude Mailly

 

TAPER LE PLUS FORT POSSIBLE LE 15 JUIN !

 

La deuxième concertation officielle avec le ministre du travail sur les retraites s’est tenue le 18 mai, sur la base du document d’orientation préparé par le gouvernement.

Un point majeur de divergences profondes se confirme avec le gouvernement.

Ce dernier, considérant que le problème est avant tout démographique, entend d’une manière ou d’une autre allonger la durée de vie au travail. Et, pour des raisons financières, on sent bien que la voie privilégiée serait celle d’un report progressif du droit à la retraite à 60 ans. Ce qui est, bien entendu, inacceptable pour Force Ouvrière, tout comme serait inacceptable un allongement de la durée de cotisation.

Qui plus est cette décision gouvernementale accompagnée, d’un zeste financier sur les hauts revenus et revenus du capital, ne serait pas de nature à assurer l’équilibre financier à dix ou vingt ans. Alors que les propositions de financement, exposées par Force Ouvrière, assureraient quasi immédiatement cet équilibre financier.

C’est donc bien, avec le dossier retraite, un choix de société qui est posé, celui de la solidarité entre les travailleurs et entre les générations, celui de la politique économique et sociale menée, ce qui passe aussi par la nécessité d’une grande réforme fiscale facteur de redistribution.

Quelle société voulons-nous laisser à nos enfants? Telle est la question posée.

Or on voit très bien que les pouvoirs publics n’ont toujours pas entrepris, malgré la crise, de changer leur fusil d’épaule en matière de politique économique. Pire, ils confirment vouloir réduire les dépenses publiques et sociales, celles qui permettent la mise en œuvre du pacte républicain ou de la république sociale. Or comme le précisait récemment un économiste, ces dépenses constituent le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Outre le clivage de fond avec le gouvernement sur l’allongement de la durée de vie au travail, nous avons abordé les questions liées à la pénibilité, aux poly-pensionnées, au fond de solidarité vieillesse et à la fonction publique. Sur ce dernier point, s’il n’y a pas la volonté de créer une caisse spécifique (ce qui casserait le statut général) il n’en reste pas moins que le gouvernement, sans dévoiler ses choix, met sur la table les questions liées à la réversion, à la retraite anticipée et proratisée pour les femmes ayant eu trois enfants, au niveau des cotisations et aux six derniers mois.

Rien n’est joué.

Après la mi-juin, le gouvernement annoncera son avant projet de loi qui, sera débattu au parlement à partir de septembre.

Il faut donc que nous «tapions» le plus fort possible le 15 juin, en appelant à une journée de grève interprofessionnelle et en manifestant à Paris.

Aujourd’hui, mère des revendications, la retraite est aussi le dossier significatif de la manière dont le gouvernement entend traiter la crise: en s’en prenant aux travailleurs. En lançant l’idée d’insérer dans la Constitution la réduction du déficit budgétaire, en programmant pour les trois à venir une forte diminution des dépenses publiques et sociales (services publics, retraite, assurance maladie, allocations sociales), le gouvernement fait de la réduction des droits publics et sociaux l’alpha et l’oméga de sa politique. Il fait le choix du capitalisme libéral et des inégalités contre celui de la république sociale et de la solidarité.

Le dossier retraite, emblématique, est un train qui en cache bien d’autres.

Il nous appartient alors, en tant que syndicat libre et indépendant, de nous faire entendre clairement et puissamment.

 

APPEL À UNE JOURNÉE DE GRÈVE INTERPROFESSIONNELLE ET À UNE MANIFESTATION LE 15 JUIN 2010

 

 

Tout le monde le sait maintenant, le gouvernement s’apprête à reculer l’âge légal de départ au-delà de 60 ans et/ou à allonger la durée de cotisation pour bénéficier du taux plein. Le plan de rigueur annoncé par le Premier ministre le confirme à sa manière: il s’agit de réduire les dépenses sociales pour obtenir l’approbation des marchés financiers. Force Ouvrière a décidé de passer à l’action.

Mandatée à l’unanimité par le Comité Confédéral National de Force Ouvrière, la Commission Exécutive s’est réunie de manière exceptionnelle le 4 mai 2010.


La Commission Exécutive constate que :

- Le gouvernement fait de la question des retraites le dossier prioritaire. La motivation essentielle est de montrer aux institutions financières et à leurs auxiliaires, les agences de notation, que le gouvernement va réduire les dépenses sociales, de la même manière qu’avec la RGPP il réduit les dépenses publiques.

Ce que confirmera la prochaine conférence sur les déficits publics et sociaux.

Parmi les menaces qui pèsent et qui seront confirmées dans les semaines à venir figurent l’allongement de la durée du travail (par report du droit à la retraite à 60 ans et/ou allongement de la durée de cotisation) et la remise en cause du code des pensions pour les fonctionnaires.

- Pour Force Ouvrière, il n’est pas question que les travailleurs fassent les frais, à travers leurs droits sociaux, de la crise provoquée par les intervenants sur les marchés financiers, intervenants qui dictent encore aujourd’hui le comportement des gouvernements dont le gouvernement français.

- L’action commune, nécessaire, suppose un accord sur les revendications et les modalités d’action. Chaque organisation est bien entendu libre de ses positions et il appartient aux travailleurs de se forger leurs convictions.

Force Ouvrière a proposé aux autres organisations un appel commun à 24 heures de grève interprofessionnelle franche, public et privé.

Assumant ses prises de position et soulignant que l’avant projet de loi devrait être connu vers la mi-juin, la CE de Force Ouvrière décide d’appeler le 15 juin à une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation à PARIS.

Elle demande à toutes ses structures de tout mettre en œuvre pour la réussite de cette initiative et lance un appel en ce sens à l’ensemble des salariés et à leurs organisations.

Pour Force Ouvrière, il s’agit par un renforcement de la mobilisation, de montrer la détermination des salariés.

DECLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE

Adoptée à l’unanimité
Paris, le 4 mai 2010


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